La routine
Vous voulez savoir comment
je me suis retrouvé en prison ? Tout commença il y a cinq mois.....
De nos jours à Paris, Rudy
salarié chez LVHM, jeune homme ambitieux, est un employés moyen travaillant
d'arrache pied.
Tous les matins je me lève à
six heures trente, je commence par prendre mon café puis ma douche ensuite je
m'habille. Je prends le métro, toujours le premier wagon que je pense être fait
pour les visionnaires. Je descends à la Défense. Je trébuche sur la dernière
marche devant mes collègues, ces derniers qui comme toujours rigolent tout en
buvant un café. Je me rends aussi à la machine à café. Je prends l'ascenseur
pour le treizième étages, celui du Textile. Je me dirige vers l'atelier treize,
ce chiffre me suis partout. Je m'assieds à mon siège dont deux roues sont
cassées. Je confectionne des sacs à main Louis Vuitton.
A dix-neuf heures c'est la
fin de ma journée. Je reprends le métro toujours le même wagon et je rentre
chez moi. Après avoir mangé des petits plats préparés, je me couche.
Le lendemain au réveille,
comme toujours, je me lève à six heures trente, je prends mon café, ma douche
et je m'habille. Je prends le métro à la même heure, toujours dans le premier
wagon. Je descend encore et toujours à la Défense, je trébuche, mes collègues
rigolent avec leur café en main et je me rends à la machine à café. Je prends
l'ascenseur pour le treizième étages. Je vais vers l'atelier treize. Je
m'assieds à mon siège toujours cassé, je confectionne les mêmes sacs à main Louis
Vuitton.
A dix-neuf heure ma journée
de travail ce finit. Je prends le métro et je rentre chez moi. Je mange les
mêmes plats préparés. Ce fut ma dernière journée normal.
Ayant oublié des dossiers au
bureau à rendre urgemment je me rends sur
mon lieu de travail, je trébuche une fois de plus sur cette maudite marche. En
entrant dans le bâtiment, celui-ci est désert et sombre, je prends l'ascenseur
jusqu'au treizième étages pour récupérer le dossier qui se trouve dans le troisième
tiroir qui est fermé à clef. Je fais tomber la clef au sol et la ramasse. Je la
mets dans le trou de la serrure et je prends mon dossier. En me retrouvant
devant l'ascenseur je me rends comptes qu'il est hors-service, je décide donc
de prendre l'escalier jusqu'au septième étages. Je sors je vais au fond du
couloir j'ouvre la porte du bureau de mon patron; et que vois-je ? Monsieur
Gambonni, en compagnie d'une autre femme qui ne laisse aucun doute à
l'imagination, mon patron Monsieur Gambonni, trompe sa femme . Gêner par la
situation je referme la porte discrètement et je rentre chez moi. J'y songe
toute la nuit.
Au matin, je retourne au
travail, comme d'habitude. La vision de la situation de la veille me tourmente.
En fin de matinée alors que je suis plongé dans mes pensées et dans la
confection de mes sacs à mains, le téléphone posé sur mon bureau retentit.
Levant les yeux vers la pendule je peux lire l'heure, elle indique onze heures.
Je décroche et j'entends la voix de mon patron qui me demande de le rejoindre dans
son bureau. Cette entrevue m'inquiète, c'est la boule au ventre que je frappe à
la porte de son bureau. "Entrez" entends-je dire. Je pénètre dans le
bureau de monsieur Gambonni et il me demande de prendre place sur le siège
situé face à lui.
Sur un ton grave, il me
parle des événements de la veille au soir. Il me fait savoir par son récit
qu'il est au courant que je l'ai surpris dans une situation désagréable et
gênante pour lui, pour sa femme, sa maîtresse ainsi que pour moi-même. Pris
immédiatement de stress j'imagine le pire. Il se peut qu'il baisse mon salaire
ou que tout simplement il me licencie. Afin de prendre le dessus sur la
situation actuelle je lui intime l'ordre de m'écouter et je lui demande
explicitement une augmentation de salaire qui peut acheter mon silence et que
ma loyauté envers lui et ma parole donnée est pour lui un gage de confiance et
que jamais il n'en parle ni à mes collègues de travail et encore moins à son
épouse.
Il me dit que c'est du
chantage et que je ne peux pas utiliser la situation de la veille au soir pour
subvenir à mes besoins personnels. Sous la pression je le menace de tout
dévoiler à sa femme si je n'obtiens pas ce que je désire. Par peur, j'arrache
les fils du téléphone, je lui dis que je reviens dans une heure et que
j'attends sa réponse, je sors et je l'enferme à clef dans son bureau. Je me
sens coupable mais c'est déjà trop tard, maintenant je dois aller au bout de
mon action. Afin de le surveiller, je m'assis sur une chaise à l'extérieur de
son bureau. Malheureusement la fatigue m'enveloppant de ses bras, je
m'assoupis.
Un bruit lourd venant de la
cage d'escalier me réveille, je sursaute et je n'ai pas le temps de comprendre
que de la fumée commence à remplir la pièce, que des voix criant "A TERRE
ET QUE PERSONNE NE BOUGE" se font entendre, je comprends tout de suite que
je suis fini. Je me réveille, je suis en garde-à-vue, une personne me réveille
brusquement. On m'embarque dans un fourgon escorté par des voitures de police.
Je sors quelques minutes plus tard avec une couverture sur la tête devant le
tribunal de grande instance. Je comparais pour prise d'otage. Après cette audience,
je sors avec les sept prochaines années de ma vie sans liberté. Mon deuxième
jour de prison commence, on me réveille à six heures trente, je mange cette
immonde nourriture servie, je me douche, je fait ma séance de sport et je me
prends une seconde douche, ensuite j'ai du temps libre, beaucoup de temps libre ce qui me laisse le
temps, beaucoup de temps pour réfléchir à mon erreur des jours précédents et je
pries un moment. L'après-midi est semblable à la matinée, je me couche à vingt
heures trente, l'heure du couvre feu.
Le lendemain c'est pareil,
ma vie aura toujours été une routine où ma vie est semblable à une feuille
morte sur un arbre en fleurs.
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