jeudi 15 décembre 2016

Nouvelle n°4

La routine

Vous voulez savoir comment je me suis retrouvé en prison ? Tout commença il y a cinq mois.....
De nos jours à Paris, Rudy salarié chez LVHM, jeune homme ambitieux, est un employés moyen travaillant d'arrache pied.
Tous les matins je me lève à six heures trente, je commence par prendre mon café puis ma douche ensuite je m'habille. Je prends le métro, toujours le premier wagon que je pense être fait pour les visionnaires. Je descends à la Défense. Je trébuche sur la dernière marche devant mes collègues, ces derniers qui comme toujours rigolent tout en buvant un café. Je me rends aussi à la machine à café. Je prends l'ascenseur pour le treizième étages, celui du Textile. Je me dirige vers l'atelier treize, ce chiffre me suis partout. Je m'assieds à mon siège dont deux roues sont cassées. Je confectionne des sacs à main Louis Vuitton.
A dix-neuf heures c'est la fin de ma journée. Je reprends le métro toujours le même wagon et je rentre chez moi. Après avoir mangé des petits plats préparés, je me couche.

Le lendemain au réveille, comme toujours, je me lève à six heures trente, je prends mon café, ma douche et je m'habille. Je prends le métro à la même heure, toujours dans le premier wagon. Je descend encore et toujours à la Défense, je trébuche, mes collègues rigolent avec leur café en main et je me rends à la machine à café. Je prends l'ascenseur pour le treizième étages. Je vais vers l'atelier treize. Je m'assieds à mon siège toujours cassé, je confectionne les mêmes sacs à main Louis Vuitton.
A dix-neuf heure ma journée de travail ce finit. Je prends le métro et je rentre chez moi. Je mange les mêmes plats préparés. Ce fut ma dernière journée normal.
Ayant oublié des dossiers au bureau à rendre urgemment  je me rends sur mon lieu de travail, je trébuche une fois de plus sur cette maudite marche. En entrant dans le bâtiment, celui-ci est désert et sombre, je prends l'ascenseur jusqu'au treizième étages pour récupérer le dossier qui se trouve dans le troisième tiroir qui est fermé à clef. Je fais tomber la clef au sol et la ramasse. Je la mets dans le trou de la serrure et je prends mon dossier. En me retrouvant devant l'ascenseur je me rends comptes qu'il est hors-service, je décide donc de prendre l'escalier jusqu'au septième étages. Je sors je vais au fond du couloir j'ouvre la porte du bureau de mon patron; et que vois-je ? Monsieur Gambonni, en compagnie d'une autre femme qui ne laisse aucun doute à l'imagination, mon patron Monsieur Gambonni, trompe sa femme . Gêner par la situation je referme la porte discrètement et je rentre chez moi. J'y songe toute la nuit.
Au matin, je retourne au travail, comme d'habitude. La vision de la situation de la veille me tourmente. En fin de matinée alors que je suis plongé dans mes pensées et dans la confection de mes sacs à mains, le téléphone posé sur mon bureau retentit. Levant les yeux vers la pendule je peux lire l'heure, elle indique onze heures. Je décroche et j'entends la voix de mon patron qui me demande de le rejoindre dans son bureau. Cette entrevue m'inquiète, c'est la boule au ventre que je frappe à la porte de son bureau. "Entrez" entends-je dire. Je pénètre dans le bureau de monsieur Gambonni et il me demande de prendre place sur le siège situé face à lui.
Sur un ton grave, il me parle des événements de la veille au soir. Il me fait savoir par son récit qu'il est au courant que je l'ai surpris dans une situation désagréable et gênante pour lui, pour sa femme, sa maîtresse ainsi que pour moi-même. Pris immédiatement de stress j'imagine le pire. Il se peut qu'il baisse mon salaire ou que tout simplement il me licencie. Afin de prendre le dessus sur la situation actuelle je lui intime l'ordre de m'écouter et je lui demande explicitement une augmentation de salaire qui peut acheter mon silence et que ma loyauté envers lui et ma parole donnée est pour lui un gage de confiance et que jamais il n'en parle ni à mes collègues de travail et encore moins à son épouse.

Il me dit que c'est du chantage et que je ne peux pas utiliser la situation de la veille au soir pour subvenir à mes besoins personnels. Sous la pression je le menace de tout dévoiler à sa femme si je n'obtiens pas ce que je désire. Par peur, j'arrache les fils du téléphone, je lui dis que je reviens dans une heure et que j'attends sa réponse, je sors et je l'enferme à clef dans son bureau. Je me sens coupable mais c'est déjà trop tard, maintenant je dois aller au bout de mon action. Afin de le surveiller, je m'assis sur une chaise à l'extérieur de son bureau. Malheureusement la fatigue m'enveloppant de ses bras, je m'assoupis.
Un bruit lourd venant de la cage d'escalier me réveille, je sursaute et je n'ai pas le temps de comprendre que de la fumée commence à remplir la pièce, que des voix criant "A TERRE ET QUE PERSONNE NE BOUGE" se font entendre, je comprends tout de suite que je suis fini. Je me réveille, je suis en garde-à-vue, une personne me réveille brusquement. On m'embarque dans un fourgon escorté par des voitures de police. Je sors quelques minutes plus tard avec une couverture sur la tête devant le tribunal de grande instance. Je comparais pour prise d'otage. Après cette audience, je sors avec les sept prochaines années de ma vie sans liberté. Mon deuxième jour de prison commence, on me réveille à six heures trente, je mange cette immonde nourriture servie, je me douche, je fait ma séance de sport et je me prends une seconde douche, ensuite j'ai du temps libre,  beaucoup de temps libre ce qui me laisse le temps, beaucoup de temps pour réfléchir à mon erreur des jours précédents et je pries un moment. L'après-midi est semblable à la matinée, je me couche à vingt heures trente,  l'heure du couvre feu.


Le lendemain c'est pareil, ma vie aura toujours été une routine où ma vie est semblable à une feuille morte sur un arbre en fleurs. 

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