UN DRAME A BORD DE
L’INVICTUS
Inspirer
Souffler
Se
calmer
Commençons
par le début où tout a commencé.
Nous
sommes le 11 juillet 2016 et pour la première fois, mes sœurs et moi sommes
embauchées comme serveuses sur le luxueux bateau de croisière, «L’INVICTUS».
Quelle chance que notre père ait pu nous y trouver une place !
7h00 du matin : je suis déjà prête,
l’embarquement est dans 2 heures. Mes sœurs Emilie, Claire et Alice dorment
encore. Comme d’habitude, leur soirée s’est terminée vers 4h00 du matin et bien
évidemment elles n’ont pas pensé à leur premier jour de travail.
Je vois le port s’éloigner peu à peu. Nous
sommes convoquées chez M.JONES, le patron, pour prendre connaissance des
consignes et de nos heures de travail.
Quel stress ! Vais-je être à la hauteur ?
Aucune préoccupation du côté de mes sœurs.
- « Bonjour et bienvenue », s’exclame M.JONES.
- « Bonjour », répond Claire
En sortant M. JONES nous informe qu’il y aura
une soirée d’intégration le soir même. J’ai hâte de faire la connaissance de tout
le monde !
12h30 : Nous nous dirigeons vers le self.
Il
entre dans ma vie, d’une façon particulière: alors que je rejoins mes sœurs à
table, un jeune homme vêtu de noir me bouscule et mon plat de pâtes se répand
sur mon t-shirt. Très énervée, je lui
crie :
-
« Hé, face de thon ! Ne dit surtout pas pardon !! »
Le
jeune homme me jette un regard noir.
-
« Que se passe-t-il Alexis ? », demande M.JONES qui vient d’entrer dans la
pièce.
-
« Rien, c’est elle… elle cherche les problèmes », s’énerve Alexis.
-
« Ce n’est pas une façon de s’adresser à une jeune fille » rétorque M.JONES.
-
« Arrête de t’exciter, le vieux. Je sais régler mes problèmes tout seul », répond
Alexis.
Il
soupire et part.
Je
m’en rappelle mot pour mot.
19h30
: Je me prépare pour la fête, mes sœurs sont prêtes. Je choisis de porter une robe noire que mon amie Sarah m’a forcée à
emmener.
21h00
: J’entre dans la salle : au milieu une piste de danse, à droite le bar déjà
rempli. Je rejoins mon père qui s’occupe du bar.
-
« Alors, comment va ma chère fille ? », demande M.SEVINI.
-
« Je ne sais pas, aujourd’hui, j’ai fait la rencontre de quelqu’un de… spécial »,
répondis-je.
-
« Qui est-ce ? », questionne M.SEVINI.
-
« Un certains Alexis, je suppose que c’est le fils de M.JONES ».
-
« Quelle famille, ils m’exaspèrent, ils sont incapables de gérer un simple commerce
! Alors diriger un bateau ! Je serais beaucoup plus apte à mener cette équipe »,
s’exclame M.SEVINI.
22h30
: Mes sœurs m’ont rejointe et discutent bruyamment. Dix minutes que je le
regarde… Ce garçon m’intrigue…. Ce certain Alexis…
M.JONES
s’avance dans ma direction accompagné d’Alexis, et de trois autres jeunes hommes.
Au fur et à mesure qu’il s’avance vers moi, mon cœur bat de plus en plus vite.
-
« Mesdemoiselles, je vous présente Alexis, Thomas, Maxime, Théo, mes
merveilleux fils.» annonce M.JONES.
-
« Enchantés mesdemoiselles » répondent-ils.
-
« Enfin Alexis, dit bonjour, un peu de politesse s’il-te-plaît » insiste M.JONES.
-
«Enchantées, charmants jeunes hommes »
-
«Monsieur je vous présente mes adorables filles : Claire, Emilie, Alice et ma douce
Anna » intervient M.SEVINI.
Je
remarque que mes sœurs ont un sacré succès auprès des garçons, contrairement à
Alexis qui ne se préoccupe pas de nous.
23h00
: Mes sœurs et les fils de M.JONES se dirigent vers une table tandis qu’Alexis
et moi restons accoudés au bar. Pendant ce temps, nos pères respectifs négocient
des affaires.
Ça
y est, je suis enfin seule face à ce beau jeune homme, que dois-je faire??…Allez,
je me lance pour entamer une conversation.
-
« Alors, qu’est-ce qui t’amène sur ce bateau ? »
-
« Comme je viens d’avoir 17 ans mon père m’a forcé à faire des petits boulots
pour payer mes études, alors que je m’en moque totalement.»
-
« C’est marrant moi aussi je suis là pour un boulot d’été, mon père m’a
également forcée ! »
Je
n’ai pas su comment m’y prendre, j’ai dit la première chose qui m’est venue en
tête, pour avoir un point en commun avec lui, en espérant qu’il s’intéressera alors
peut-être à moi.
23h30
: C’est l’heure du slow. Comme d’habitude je vais être encore toute seule…mais
à ma grande surprise, Alexis me prend la main pour m’entrainer vers la piste de
danse. Je suis tout étonnée de voir mes
sœurs elles aussi, danser avec les fils de M.JONES. C’est la fin du slow. Au
lieu de relâcher son étreinte il me serre contre lui et m’embrasse.
1h00
: La soirée se termine et nous décidons d’aller nous coucher car le travail
nous attend dans quelques heures. Avant de partir, nos petits amis respectifs
nous proposent un dîner chacun en tête à tête le lendemain. Nous acceptons avec
plaisir.
1h15
: Nous sommes enfin rentrées et nous racontons à tour de rôle notre merveilleuse
soirée à notre père. Toute excitée, je lui raconte ma soirée :
-
« Tu sais Papa, je n’ai jamais vraiment eu de copain, mais ce soir cela a
changé : Alexis et moi sortons ensemble. Et à la fin de la soirée les fils de
M. JONES nous ont invitées à dîner ensemble demain. Mes sœurs sortent aussi
avec les fils de M.JONES»
-
« Je suis très content pour vous, mes trésors.»
-
« Merci Papa, bonne nuit »
-
« Bonne nuit à vous aussi. (Plus bas) Je
vais enfin mettre mon plan à exécution »
7h00
: Je me lève après avoir fait de très beaux rêves. Je réveille par la suite mes
sœurs. Une fois prête, notre père nous annonce qu’il a quelque chose de très
important à nous dire.
-
« Mes chères filles, j’y ai longuement réfléchi. Ce que je vais vous dire va être
très dur pour vous.
-
« Mais que se passe-t-il père ? » demande Emilie.
-
« Depuis un certain temps, je veux obtenir le poste de patron, occupé par M.JONES
actuellement. Et aujourd’hui j’en ai l’opportunité. Vous savez que j’ai
toujours été là pour vous, alors je vous demande aujourd’hui de m’aider en
retour. »
-
« Mais que voulez-vous donc que l’on fasse ? » questionne Alice.
-
« (à voix basse) De tuer ceux que
vous aimez. »
-
« Quoi !!! Tu es devenu fou ?!?! » S’exclament mes sœurs.
-
« C’est le seul moyen pour que je récupère ce poste qui aurait dû m’appartenir
depuis longtemps. »
Nous
n’arrivons toujours pas à digérer cette nouvelle atroce.
8h00
: Nous partons travailler, et en chemin nous croisons les garçons. On leur dit
bonjour, mais à nos têtes ils ont compris qu’il y avait quelque chose qui
n’allait pas.
-
« Que vous arrive-t-il, les filles ? » demandent-ils.
J’ouvre
alors la bouche mais ma sœur m’interrompt.
-
« Rien, nous sommes juste fatiguées. » répond Claire.
11h15
: Je déjeune et Alexis me tient compagnie. Je ne pense qu’aux paroles de mon
père.
-
« Quelque chose ne va pas ? Tu es bizarre depuis ce matin…» me demande-t-il.
-
« Non, je suis un peu malade c’est tout, rien qu’un petit rhume. »
19h30
: Je suis terrorisée, mes pensées me hantent. Vais-je oser l’impensable ?
20h00
: Je rejoins mes sœurs et leur demande ce qu’elles comptent faire.
-
« Papa nous l’a demandé, je ne vois pas pourquoi nous ne le ferions pas. Après tout,
ce ne sont que de simples rencontres de vacances… Et puis papa a tellement fait
pour nous, on lui doit bien ça ! » répond Emilie.
00h00
: l’heure fatidique est arrivée, nous sommes entrées dans la grande salle du
bateau. Notre père nous attend à l’extérieur. Dans ma poche se trouve le couteau
que papa nous a confié.
-
« Tu sais je t’apprécie beaucoup. » dis-je d’une voix tremblante à Alexis.-
-
« Moi aussi, mais pourquoi trembles-tu comme une feuille ? C’est trop mignon ! »
rigole Alexis.
Et
d’un coup je saute dans ses bras, le couteau à la main.
La
lame est à quelques centimètres de son dos, je suis torturée : dois-je écouter
papa ou sauver Alexis ?
Mais
c’en est trop, je craque, mes nerfs lâchent, je fonds en larme, le couteau me
glisse des mains et vient s’écraser sur le sol dans un bruit strident
-
« Je ne peux pas, je ne peux pas … » hurlai- je en larmes.
Alexis
bouche bée, a le regard fixé sur le
couteau.
En
pleurs, je décide de tout lui raconter, les conspirations de mon père, la
décision de mes sœurs. D’ailleurs elles
sont dans la pièce à côté.
Dans
un fracas monumental, Alexis défonce la porte.
Là,
je vois mes sœurs couvertes de sang et
les trois frères étendus sur le sol, mort.
Je
crie, puis plus rien, un trou noir, les rideaux de ma chambre laissent
entrevoir la lumière de la rue. Ce n’était qu’un rêve, ou devrais-je dire un
cauchemar.